OSCAR ET SES NUITS... - The journal - L'Atelier 13
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OSCAR ET SES NUITS…

Oscar

1 an. Comme pour Anna, il a fallu que j’atteigne quasiment une année de nuits interrompues, une année de fatigue accumulée, jour après jour, nuit après nuit, pour que j’atteigne ma limite. Car c’est bien ma limite qui a été atteinte. Je parle bien de moi, et pourtant c’est lui, mon bébé, au coeur de mes préoccupations. C’est à son rythme à lui que je veux me conformer. S’il a besoin de moi la nuit, c’est ainsi, je fais avec. Je me lève, je vais le voir, je me recouche une fois, deux fois, parfois 5 fois. 

 

Jusqu’à 6/8 mois, je n’ai pas cherché à faire autrement. C’était un petit bébé, les nuits allaient venir. Mais j’étais contrariée, car il se réveillait systématiquement en hurlant, la nuit ou le matin, après la sieste aussi. Pas plus d’inquiétude que ça pour le pédiatre, mais moi, ça me tordait le bide de le voir autant en panique, et donc je tentais de le rassurer du mieux que je pouvais. Calins, tétées, cododo. Rien n’y faisait. On m’a évidemment souvent gentiment suggéré d’arrêter d’allaiter, mais je crois que ma détermination, et ma conviction que les deux ne sont pas liés, calmaient rapidement les ardeurs ;-)

 

J’ai toujours appliqué les conseils classiques, la petite période de calme avant le coucher, les rituels… je n’ai jamais adhéré aux méthodes un peu draconiennes, j’ai accepté que ce soit comme ça. Sauf que la fatigue est une torture. Un poison pour le couple, pour la famille. 

 

Je me disais à la fois que je faisais tout ce qu’il fallait, qu’on était plutôt une famille équilibrée, mais en même temps qu’il avait toutes les raisons d’être inquiet, finalement. Les filles se chamaillent, Max et moi nous disputons, c’est parfois électrique à la maison,  et puis il a été trimballé pendant ses premiers mois, changé de chambre, est-ce que tout ça n’est pas perturbant pour un bébé ?

 

Au fil de mes échanges sur instagram, C. m’a conseillé de prendre rendez-vous avec une psy formée à la méthode Lemoine, qui traite l’angoisse de la séparation chez le petit enfant. Au cours d’un rendez-vous téléphonique, on a parcouru ma vie de maman, la vie d’Oscar, in et out utero. Elle lui a parlé, expliqué mes fausses couches, mon angoisse de le perdre, et le fait que lui n’avait aucune responsabilité dans tout ça. J’ai acheté le livre (celui ci, passionnant) et poursuivi ma recherche. J’ai lu ce deuxième livre, Au dodo les petits, que je vous recommande également.

 

Au cours d’un diner, mon amie Fred m’a ouvert les yeux sur le fait qu’entre mes deux ainées (qui ne se sont jamais réveillées la nuit après leurs 6 premières semaines) et mes deux derniers, j’avais perdu ma mère. Evidemment. Evidemment que ça a du avoir, doit avoir un impact sur mes bébés, sur mon rapport à eux, et leur rapport à moi. 

 

Alors j’ai continué à parler à Oscar, je lui ai aussi parlé de ma brève angoisse quand j’ai su que c’était un petit garçon : comment je vais savoir faire, après 3 filles ? 

 

Donc voilà, je crois que je lui ai tout dit, à ce bébé, il y avait du mieux, mais c’était pas encore tout à fait ça.

 

Et puis un jour, j’ai dit stop. Je ne pouvais plus continuer comme ça, tout allait y passer. Ma santé, mon couple, notre équilibre familial. 

 

Après l’avoir couché en lui disant qu’il n’avait désormais plus aucune raison d’être inquiet, que tout allait bien pour lui, qu'il avait le droit de pleurer s'il en avait envie, mais qu'on ne viendrait pas, on l’a laissé pleurer lorsqu’il s’est réveillé cette nuit là. C’était lui ou moi, en fait, et je savais que si ce n’était pas moi que je faisais passer en premier, je le mettais lui aussi en péril. Pour tout vous dire, il a du pleurer 30 à 40 minutes.

 

Je ne saurai jamais si on a bien ou mal fait, mais il dort des nuits complètes depuis. Je suis intimement convaincue, au fond de moi, que toutes ces actions conjuguées ont été la bonne solution pour lui. Convaincue que moi j'avais besoin d'aller jusqu'à ma limite aussi, qu'avant je n'étais pas prête pour cette dernière décision de le laisser pleurer. Et laisser pleurer quand on pense que c'est ce qu'il faut faire, qu'on a armé son bébé avant en lui expliquant, c'est aussi plus facile.

Commentaires

  • Sophie -

    C’est beau témoignage que vous partagez Anne-Sophie. Simple et vrai. Pour les 5 enfants l’endormissement a été périlleux aussi. Je les ai allaité aussi quasiment 1 an mais je n’ai jamais remis ça en question. Parfois je me dis ( et leur dis) que j’ai des années de sommeil à rattraper.
    Je ne vais pas entrer dans les détails mais ce qui retient particulièrement mon attention dans votre récit, c’est lorsque vous évoquez vos fausses couches. Ça me parle parce que j’en ai vécues de nombreuses et effectivement, j’avais toujours peur lorsqu’ils s’endormaient, qu’ils s’arrêtent de respirer. Est ce a cause de cela qu’ils avaient du mal à s’endormir ??? Je ne sais pas mais la piste est intéressante.
    Croyons fort que tout va rentrer dans l’ordre avec Oscar. Je vous le souhaite 🥰

  • Dan -

    Bonjour,
    Je me reconnais complètement dans ce que tu écris. Mon aîné a fait ses nuits à trois ans et demi, pile le jour où je suis rentrée de la maternité avec son petit frère :-) Un passage de relais où la compréhension que je ne pouvais pas me lever pour eux deux?
    Le cadet a fait ses nuits très tard (vers cinq ans?)
    Alors notre benjamine a dormi vers trois mois. Parce que nous lui avons expliqué que nous étions au bout du rouleau…
    Je crois vraiment aujourdhui que les enfants dorment quand nous sommes prêts… je ne regrette aucun de mes choix et me garde de prodiguer des conseils à ceux qui rament avec cela. J’ai trop entendu des phrases du genre: « moi je ne pourrais pas, tu devrais… »
    Je t’embrasse!

    • anne-sophie -

      Oui les conseils qu’on entend… ne s’appliquent que rarement !!!
      Je dis oui au partage d’expérience et à chacun de trouver son chemin grâce à ça…

  • Caroline Mazet -

    Merci infiniment pour ce beau et sincère témoignage .
    Je me reconnais tellement dans ce parcours !
    Hortense va avoir 16 mois et se réveille encore à 5h45 tous les jours .quelque fois 4 h
    Je l’allaite toujours et on m’a très souvent dit d’arrêter et que c’était la cause des réveils nocturnes .
    Le couple qui souffre de cette situation je connais bien …la fatigue au boulot …
    merci pour le livre au dodo les petits , je l’ai acheté et je m’en inspire .
    Mes 3 aînés avaient fait leurs nuits à 3 mois alors je n’étais pas préparée à autant de nuits courtes !
    Comme vous j’ai eu ma dernière fille à 44 ans .
    J’avais eu mon aînée à 25 ans .

    Merci encore pour ce beau témoignage .
    Allaitez vous encore Oscar ?

    • anne-sophie -

      oui je l’allaite toujours…
      On est mal préparés quand les premiers dorment bien et vite… mais on trimballe probablement plus d’angoisses avec le temps, ce que ressentent peut-être plus les derniers…
      (et sinon je crois que 5h45 c’est ) à peu près – acceptable…!)

  • Nat -

    Bonjour
    Vous avez bien fait
    Vous avez cherché et trouvé la solution parfaite pour votre famille et pour vous
    Soyez fière de vos choix
    Prenez soin de vous

    • anne-sophie -

      on fait comme on peut…! :-)

  • Leslie -

    Je compatis… mon fils a fait ses nuits au CP… Je n’ai jamais compris quel était le problème et c’est pas faute d’avoir cherché ! J’ai cru perdre la raison. C’est passé mais c’est toujours un enfant difficile.

    • anne-sophie -

      Les nuits c’est passé, mais il y peut-être encore qqch qui le tracasse ? Même tard, ça peut peut-être l’aider !

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