COMMENT J'AI VECU MON ACCOUCHEMENT NATUREL - The journal - L'Atelier 13
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COMMENT J’AI VECU MON ACCOUCHEMENT NATUREL

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Il m'a fallu un peu de temps pour écrire ce post, parce que j'avais besoin de laisser décanter, et parce que je ne savais pas trop comment raconter. Un accouchement est tellement personnel, il peut être véritablement animal - surtout quand il est physiologique - comment raconter sans entrer dans trop de détails mais en partageant malgré tout l’expérience et le ressenti.

 

J’ai presque eu l’accouchement dont j’avais envie. Je dis presque parce qu’il y a finalement beaucoup de choses qu’on ne maîtrise pas, donc forcément, rien ne se passe vraiment comme sur du papier à musique. Un accouchement est imprévisible, dans le fond, et c’est exactement la remarque que je m’étais faite lorsque j’avais terminé mon premier marathon. Un marathon, même si on s’y prépare assidument, reste imprévisible.

Quand on prépare un marathon, on s’entraîne plusieurs mois (3 ou 4 environ, sur une base de foncier qui existe depuis des années si possible) pour une course qu’on ne réalise jamais à l’entraînement. On la prépare, on la visualise, on se documente, on échange avec des gens qui en ont fait, qui s’entraînent eux aussi, on entraîne son corps, mais jamais on ne se teste sur la distance réelle.  Du coup quand la course arrive, même si on en a déjà fait avant, c’est toujours un peu l’inconnu. On a confiance dans son entraînement, son mental, mais au fond, on ne sait pas. Il peut tout à coup faire beaucoup plus chaud que prévu, on peut avoir mal digéré quelque chose la veille, on peut avoir besoin de courir en musique et perdre ses écouteurs dans la foule du départ… J’ai trouvé que c’était le même principe pour l’accouchement. 

Par exemple, je me suis énormément préparée à supporter le travail, les contractions, et cette phase n’a duré qu’une petite heure, et encore. Limite frustrant quoi ;-)))

 

Les premières contractions un peu douloureuses se sont fait ressentir vers 20:15 alors que nous finissions de dîner. 15 minutes plus tard je disais aux filles que c’était probablement pour cette nuit (pratique, la grosse excitation avant d’aller se coucher...!). Je ne voulais pas partir trop tôt à la maternité et profiter de ma maison pour laisser le travail se faire dans un environnement apaisant, mais très vite j’ai réalisé que si j’attendais un peu trop, ce bébé arriverait dans mon salon (et ça malgré le fait de l’avoir imaginé, ce n’était quand même pas une option avec laquelle j’étais confortable).

Je suis arrivée à la maternité à 21h, pliée en deux le temps de répondre aux quelques questions et formalités et directement en salle de naissance.

J’avais écrit un projet de naissance, bien détaillé, précis, mais je pense que personne d’autre que moi n’a eu le temps de le lire :-)

Moi qui m’étais préparée pour le travail, finalement j’étais à 10 après ces 10 contractions, chacune plus douloureuse que la précédente. Elles font mal, mais ma préparation m’a permis de les accueillir sans surprise et sans crainte, et de les vivre sans stress, en acceptant cette douleur (et en criant comme je ne m’étais jamais entendue crier - crier n’est d’ailleurs pas vraiment le mot, on m’en avait parlé, et c’est vrai que ce sont des râles qui viennent du fond de la gorge).

Je les ai supportées sans trop faillir, même si, comme pendant les derniers kilomètres difficiles d’une course, je me suis demandé ce que je foutais là et pourquoi je m’imposais ça. What the f..., you know ?! 

 

Ensuite, en revanche, il a fallu sortir ce bébé, et pour faire court, cette phase a duré bien trop longtemps à mon goût (plus d’une heure) et ça je ne l'avais pas du tout anticipé. J’avais souvent lu que ce qui était dur c’était le travail, et que l’expulsion était une formalité, 3 poussées et c’est bon. Ca avait d'ailleurs été le cas pour mes accouchements précédents (sous péridurale, eux). Sauf que quand on a un travail très rapide, le périnée n’a pas complètement le temps de se détendre et de faire la place au bébé qui arrive.

Et j’ai tout simplement cru que je n’y arriverais jamais. Pour autant, curieusement, à aucun moment je n’ai imaginé demander la péridurale, non je voulais juste que tout s’arrête et qu’on recommence le lendemain (ça a fait rire les sages-femmes :-)). Que quelqu’un attrape ce bébé, qu’on le sorte, tellement j’étais persuadée que jamais j’en serais capable toute seule. (On peut dire que j'ai vécu une vraie phase de désespérance :-D)

Exactement comme quand, pendant ces derniers mètres, alors que vous avez parcouru 42 km et qu’il reste 195 mètres, que la ligne est là, et que vous vous dites « nan mais c’est trop dur, cette ligne est encore si loin, tant pis, tant pis pour l’entraînement, tant pis pour l’échec qui se profile, j’arrête j’en peux plus, J’Y ARRIVERAI JAMAIS »

 

Alors dans un marathon, vous avez toujours cette option d’arrêter (même si on a probablement jamais vu qqn abandonner à 100 m de l'arrivée), quand on accouche, bah ah ah c’est pas possible, il faut aller au bout.

Et c’est là qu’on se rend compte que la seule et unique force qui compte, c’est le mental. Bien sûr que le corps est physiquement capable de parcourir ces quelques derniers mètres. Mais le mental fait des siennes. Et le corps est dans un état de fatigue qui ne lui permet pas de rassurer le mental. Alors il faut aller puiser au plus profond de soi, compter sur les personnes qui vous accompagnent pour vous relayer ce message, « si, bien sûr, tu vas y arriver - tu y es presque, allez, un dernier effort ».

Le papa est là, les sages femmes sont là. Elles m’ont appelée par mon prénom, elles m’ont redit que j’étais la seule à pouvoir le faire arriver, ce bébé, qu’il était là, tout près, alors encore une fois, au bout de mes forces, j’ai poussé et je n’en ai pas cru mes yeux, j’y étais parvenue.

 

***

 

Et alors, si vous me demandez, est-ce que je recommencerais ? La réponse est multiple :

 

Si c’était à refaire, oui, je le referais ainsi.

 

Si je devais accoucher à nouveau, est-ce que je choisirais un accouchement physiologique ? Pendant les 3 ou 4 heures qui ont suivi, je vous aurais répondu « non, non, merci bien », tout comme je vous aurais dit que jamais je ne recourrais un marathon.

 

Si vous m'aviez demandé le lendemain, ou aujourd’hui, oui, je le referais de la même façon. C’est un moment à part dans la vie, le corps est capable et c’est magique qu’il le soit. Ça vaut le coup de lui laisser le rappeler au mental, et je suis certaine que ça donne à ce mental une force qu’il n’avait pas auparavant.

Commentaires

  • Mayou -

    Merci pour ce billet, félicitations, bravo, bienvenue :-)

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